C.-O. Verseau professeur agrégé de philosophie

Olivia Gazalé / quel fondement pour la supériorité d’un sexe sur l’autre ?

  Comme lundi, l’étymologie (systêma signifie assemblage et vient du verbe systeô, qui signifie attacher, entrelacer), le système est un dispositif complexe, dont toutes les articulations, solidaires et interdépendantes, forme un tout organisé et clos sur lui-même. Sa remise en question, ou même sa lecture critique, en sont ainsi rendu particulièrement difficiles, voire impensables.

Le système viriarcal prétend être, à l’instar du Système solaire, le reflet de l’ordre naturel, mais il est entièrement construit. Il se fonde sur un ensemble de postulats, de croyances et de principes, s’échafaude à coup d’élaborations conceptuelles savantes, de normes, de lois, de mythes et de symboles et se perpétue à travers les pratiques sociales, les récits, les traditions, les coutumes, les rites, les mentalités et les œuvres. Il n’a donc rien de naturel. Si le mot n’était pas affreux, on dirait qu’il s’agit d’un thélologico-politico-culturel. Un dispositif parfaitement artificiel, tout entier ordonné à une une hypothèse indiscutée : la supériorité du principe masculin sur le principe féminin.

Olivia GazaléLe mythe de la virilité (2017)