Cours TG3 | Septembre

Lundi 14 septembre 15h-17h

Présentation du programme (fiche)

3 perspectives, 17 notions

L’examen : 3 sujets aux choix, deux questions -> dissertation , 1 texte -> explication

Les sujets de juin 2026

Tous les sujets, questions ou textes, sont élaborés à partir des notions et perspectives du programme.

Exemple : Toute vérité est-elle toujours bonne à dire?

Quelles notions? La vérité, évidemment. Mais aussi : le langage, le devoir, la conscience, la morale, la religion, la raison, le bon-heur.

Nous raisonnons, nous justifions nos mensonges. Bien souvent en prenant prétexte de la prétendue faiblesse d’autrui - ce qui revient à infantiliser son interlocuteur ou son interlocutrice. 

Vérité, véracité, vraisemblance.

Qu’est-ce qui doit faire autorité?

Le réel (ce qui est) -> est vrai un énoncé, oral ou écrit, qui s’accorde avec ce qui est. Vrai / faux 

Ma pensée ->mon propos est véridique quand je dis sincèrement ce que je pense. Mais il se pourrait ce que je pense ne soit pas en accord avec ce qui est. Il s’agit donc de véracité, non de vérité. Véridique / mensonger.

L’opinion (le groupe, la masse) -> mon propos est vraisemblable quand il s’accorde avec ce qu’on dit, avec ce qui se dit. Vraisemblable / invraisemblable 

Sur la soumission à l’autorité du groupe (/ vraisemblance), qui influence mon rapport à la réalité (/ vérité) : expérience de Asch (sur Salomon Asch, pionnier de la psychologie sociale).

Sur la soumission à l’autorité de la blouse blanche, grâce à laquelle je me déresponsabilise de mes actes et de leur portée : l’expérience de Stanley Milgram 

Le procédé de manipulation appelé « gaslighting », qui consiste à désorienter autrui dans sa perception de la réalité en contredisant les informations délivrées par ses sens (ce qu’autrui voit, entend, etc.) a été dénommé ainsi en référence au film Hantise (1944) de Georg Cukor. La manipulation qui repose sur mon adhésion à l’autorité d’une personne (l’autorité du mari dans le film de Cukor) me prive d’un rapport à la réalité et finalement de tout accès à la vérité. 

Ici, un entretien avec Hélène Frappat : le gaslighting, ou l’art de faire taire les femmes. 

Là, deux témoignages sur le « gaslighting », bouleversants, dans l’émission « Les Pieds sur Terre » (France Culture).

Mercredi 16 septembre 15h-17h


Suite de l’analyse des distinctions entre vérité, véracité et vraisemblance. 

La notion de « vraisemblance » conduit à se poser la question de savoir si, quand je cherche à m’accorder avec l’opinion, avec « ce qui se dit », avec « on », j’accrédite l’autorité de l’opinion elle-même (je pense que le « on » dit le vrai et que « on » agit bien) ou si je cherche seulement, sans pour autant penser moi-même que « c’est vrai » ou « c’est bien », à m’intégrer à un groupe qui, en plus d’être anonyme, n’est peut-être pas aussi important, nombreux, que je l’imagine.

C’est toute l’ambiguïté du conformisme …et ses risques! Car, en m’habituant à conformer mes dires et mes actes avec ce que « on » dit et recommande de faire, je peux finir moi-même par adhérer, par conviction, à l’autorité de ce que « on » dit et dit de faire. 

C’est pourquoi le « groupe », nombreux ou non, en tous cas anonyme (qui exactement est « on »?) n’a rien à voir avec une véritable communauté spirituelle : culturelle, religieuse, partisane (au sens d’un parti ou mouvance politique), ethnique, ou une communauté de genre au sens où la communauté LGBTQIA+ se définit. Une « communauté » est un ensemble dont les membres se reconnaissent dans les mêmes valeurs élaborées dans des textes, une tradition, une histoire de lutte sociale ou politique.

En ce sens, l’opinion renvoie au concept de « masse » au sens où la philosophe Hannah Arendt définit ce concept au 20ème s. en l’opposant au concept de « communauté ».